Je veux lire des Histoires de famille!

La famille, sujet quasiment incontournable dans de nombreux romans! Pourquoi me direz-vous? Certainement parce qu’elle est une source infinie d’inspiration. Avec elle, tout peut arriver: le pire comme le meilleur.

PETIT FLORILÈGE EXHAUSTIF DE SACRÉES FAMILLES:

  • On commence par du tout doux…Ces familles-là, on aimerait bien passer un moment avec elles, s’asseoir à leur table et parfois compter les points…Avec elles, on rit, on pleure parfois mais une chose est certaine, on ne s’ennuie pas!

Vous-prendrez-bien-un-deert- entre ciel adorables

« Vous prendrez bien un dessert? » de Sophie Henrionnet: ah, les traditions! Elles ont la vie dure parfois! Mais qui a pu un instant croire que c’était une idée formidable de réunir la famille au complet pour Noël et l’anniversaire du Patriarche?? Coincés dans un chalet, chaque protagoniste va nous faire part de sa « joie » d’être ainsi réunis.

Il y a dans ce livre de Sophie Henrionnet, un petit goût de la « pièce montée » de Blandine le Callet. C’est avec une délectation certaine que l’on suit les préparatifs de cette famille -unie par le prestige du nom et non par les liens familiaux- à ce grand rassemblement de Noël que chacun redoute. Dans cette famille, on se réunit par obligation et tradition, chacun portant un espoir différent dans cette rencontre ou au contraire n’en attendant rien. J’ai aimé la construction de ce livre. Un chapitre pour chaque invité, une voix qui s’élève au gré des rancoeurs familiales, des non-dit, des attentes vaines…Nous les découvrons chacun leur tout et les uns à travers les autres. Dans le jeu des apparences, des impressions que chacun peut avoir de l’autre, bien malin celui qui pourrait dire lequel est le plus « innocent » dans cette constellation familiale. Car au final, on ne donne jamais que ce que l’on veut bien montrer à l’autre et les apparences sont parfois trompeuses. Comme dirait Nietzsche : « Il y a pire que d’être démasqué, ne pas l’être » et c’est bien là toute la morale de cette histoire moderne.

« Entre ciel et Lou » de Lorraine Fouchet: Ce roman est un vrai régal! Il y a chez Lorraine Fouchet une sensibilité pour les choses simples de la vie que l’on retrouve aussi chez Agnès Ledig, il y a également chez elle cette capacité à nous transporter dans un lieu (l’île de Groix), nous le décrire et nous en faire sentir nostalgique quand on referme le livre. J’ai aimé l’histoire de Jo, cet homme attaché à son île, son métier et par -dessus tout à sa femme. Il y a un seul point sur lequel il n’a pas été franchement à la hauteur: être un père pour ses enfants. Loin de Lou, sa chère épouse, il devra apprendre à être celui qu’elle attendait, comme un ultime hommage à sa mémoire. La route ne sera pas simple mais le chemin qu’il devra accomplir le changera à jamais.
Entre Ciel et Lou, c’est une histoire d’amour à multiples facettes. L’amour d’un homme envers sa femme, celle d’une petite fille envers son père, celle d’un fils qui attend le regard de son père et celle d’une jeune femme écorchée par la vie et qui ne veut plus baisser la garde. Et c’est surtout a milieu de tout ça, l’amour d’une île et de ses habitants. Bref, si vous souhaitez plonger dans une belle histoire, écouter ces différents protagonistes et prendre une belle vague de vie, n’hésitez pas un instant.
Ce roman est comme son auteure (que j’ai eu le plaisir de rencontrer): pétillant et plein de vie!

« Nos adorables belles-filles »d’Aurélie Valognes: Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter… et savourez ! Un bon moment de lecture, sans prétention, tout en légèreté et en humour.

A qui conseiller ces livres? A tous ceux qui veulent lire quelque chose de facile et drôle, pleurer un peu, rire beaucoup

  • Bon, c’est bien gentil tout ça, mais, me direz-vous: on ne rigole pas ainsi dans toutes les familles! Oui, vous avez raison. Cela va donc se corser légèrement pour la sélection suivante…

Frappe-toi-le-coeur les loyautés ma fille

« Frappe-toi le coeur » d’Amélie Nothomb: Dans ce roman, Amélie Nothomb dissèque la relation mère/fille entre Marie et Diane. Marie est belle, pas comme les autres filles de son âge. Elle rêve d’un avenir hors du commun. Mais voilà, la vie va en décider autrement. Maman trop jeune, elle vit avec la naissance de Diane un effondrement narcissique. Sa fille, vers laquelle tous les regards se tournent, va devenir un fardeau. La suite, vous la découvrirez en lisant ce fabuleux roman qui décrit avec précision toute l’ambiguïté qui peut parfois s’installer entre une mère et sa fille. L’amour et la haine sont frères de sang, Amélie Nothomb ne sait que trop bien nous le montrer.

« Les loyautés » de Delphine de Vigan: Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu’il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeure de collège à l’enfance violentée, qui s’inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres. En cours de lecture actuellement, je me régale cependant. Avec habileté, Delphine de Vigan explore ces liens qui unissent les membres d’une famille pour le pire sans doute. Il y a beaucoup d’amour mais cela suffit-il? Un roman qui aurait sa place dans le rayon psychologie…

« Ma fille  » de Jane ShemiltMa fille est le roman d’une disparition, celle que chaque parent peut redouter.Un soir, Naomi, 15 ans ne rentre pas. Les jours passent et les questions affluent. Jenny, sa mère, n’a de cesse de retourner les derniers jours précédant la disparition dans sa tête. Elle cherche à comprendre, à déchiffrer tous ces signes qu’elle n’a peut-être pas vu ou refusé de voir. La culpabilité plane, celle d’une mère trop occupée par son travail pour participer pleinement à la vie de ses enfants. Ce reproche, elle se le fait et sa famille ne l’épargne pas non plus à ce sujet. Les clichés ont la vie dure. Un père absent, absorbé par son travail, sera toujours moins coupable qu’une mère. C’est cette vision des choses, parfois encore très sociétale, qui dérange à la lecture.
A cela s’ajoute la question des faux-semblants car cette disparition va faire voler en éclat cette famille à l’apparence heureuse. Au fur et à mesure de l’enquête les secrets se dévoilent. Chacun a sa part d’ombre et on se rend alors compte qu’il est plus facile de jouer la comédie du bonheur, de s’en convaincre même que de regarder vraiment ce qui se passe pour chacun des membres d’une famille. C’est encore ici la question du vernis social dont beaucoup se parent encore par souci du qu’en-dira-t-on et pour maintenir une illusion qui n’a que pour but de faire tenir un ensemble bon gré mal gré.
J’ai aimé ce roman pour toutes ces raisons. Il dépasse le fait divers au profit d’une analyse sociale. Et que dire de la fin, si ce n’est qu’elle m’a surprise au-delà de ce que j’attendais…Un bon roman, une belle découverte.

A qui conseiller ces livres? A ceux qui ont l’âme littéraire, à ceux qui s’intéressent à la psychologie de la famille, à ceux qui se disent que ça à toujours l’air mieux chez les autres…

  • Et pour finir, il y a ces familles chez qui on ne souhaiterait pas séjourner, ce genre de famille « tordue » dont on se dit qu’elles n’existent que dans les livres ou dans les films…Espérons-le !

fais-le pour maman a sa place Mise en page 1

« Fais-le pour maman » de François-Xavier Dillard: Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d’avoir blessé sa soeur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu’à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé.

Diabolique! Amateur de thrillers psychologiques, ce livre est sans nul doute fait pour vous. J’ai plongé dans cette lecture avec beaucoup de facilité. le style est efficace, précis et suffisamment subtil pour maintenir le suspens jusqu’au bout. La construction de l’histoire oscillant entre la tragédie qu’a vécu le petit Sébastien et sa vie actuelle nous fait tout d’abord pensé à un bel exemple de résilience et puis les choses se compliquent quelque peu. La question de fond de ce thriller pourrait être: se remet-on vraiment un jour d’un traumatisme? La poursuite de la lecture fera évoluer cette interrogation vers une autre plus concrète qui pourrait se résumer ainsi: comment ne pas répéter son histoire familiale? Lire ce thriller; c’est se laisser prendre au piège délicatement installé par son auteur, c’est ressentir la peur pour ses personnages et parfois aussi la haine mais c’est surtout aussi se dire que les apparences sont souvent très trompeuses…Une vraie réussite!

« A sa place » de Ann Morgan: En voilà un très bon thriller psychologique, comme je les aime, avec une narration alternant passé et présent et une situation bien complexe…Tous les ingrédients sont réunis pour tenir le lecteur en haleine. Hélène et Ellie sont deux jumelles au caractère bien différent. Hélène, la meneuse, décide un jour de jouer à un jeu qui va s’avérer changer le cours de sa vie: échanger sa place avec sa jumelle. Ce qui ne devait être qu’un jeu va prendre une toute autre dimension quand Ellie va décider de poursuivre ce jeu. Dès lors, Hélène va sombrer. En perdant son identité, elle adopte l’attitude timorée de sa soeur et va aussi vivre le rejet maternel que celle-ci subissait. La machine est enclenchée et si au début on peut se dire que cette petite peste l’a bien cherché, cela ne dure pas longtemps tant la situation vire au cauchemar et devient inextinguible.
L’auteur questionne ici le pouvoir de l’identité. Un changement de prénom qui entraîne un changement de personnalité, voilà ce dont il est question de prime abord. Puis vient la question de l’entourage. Comment une mère peut-elle ne pas reconnaître ses enfants et surtout pourquoi cultive-t-elle aussi la différence entre ces deux filles?
Vous l’aurez deviné ce roman m’a captivé tant il recèle de questionnements. Plus qu’un thriller, il donne une fine analyse psychologique de la famille, de la gémellité mais aussi de la bi-polarité dont il est largement question dans ce livre. Belle découverte!

« Famille parfaite » de Lisa Gardner: Les Denbe semblaient sortir des pages des magazines glamour : un mariage modèle, une belle situation, une ravissante fille de quinze ans, une demeure somptueuse dans la banlieue chic de Boston… une vie de rêve.
Jusqu’au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas d’effraction, pas de témoin, pas de motifs, pas de demande de rançon. Juste quelques traces de pas et des débris de cartouches de Taser sur le sol de leur maison. Pour la détective privée Tessa Leoni, l’enlèvement ne fait aucun doute. Mais que pouvait bien cacher une existence en apparence aussi lisse ?

Lisa Gardner nous amène au-delà des apparences avec sa « famille parfaite ». Avec habileté, elle distille les indices au compte-goutte pour laisser son lecteur tout imaginer. Le final est grandiose même si ce roman n’est pas mon préféré de l’auteur.

A qui conseiller ces livres? A tous ceux qui ont envie de se dire que finalement leur famille est sacrément chouette! A ceux qui aiment frissonner et plonger dans la noirceur humaine. A ceux qui pensent que quand on a une famille, on n’a pas besoin d’ennemis!

Bonne lecture à vous tous et n’hésitez pas à me dire quelle est votre famille préférée!

2 Réponses à “Je veux lire des Histoires de famille!”

  1. Templet Emmanuelle Dit :

    Nous ne pouvons pas nous inscrire à la newsletter… help!

    Répondre

    • jeveuxtoutlire Dit :

      Emmanuelle, je ne parviens pas à créer le lien pour l’inscription malgré mes nombreuses tentatives! En attendant, la seule possibilité est de mettre le blog dans les favoris. Les publications FB de la page jeveuxtoutlire@ettoutvousdire sont en lien avec l’actualité du site. Désolée pour ce contre-temps et merci beaucoup pour l’intérêt porté au blog.

      Répondre

Laisser un commentaire

Lesannabellades |
Fontaurelle |
Ocima |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'atelier d'écrit...
| Les Meilleurs E-Books "...
| Le sel de la vie