PARLEZ-MOI D’AMOUR…ou pas!

13 février 2018

Liste thématique

En cette veille de Saint Valentin, vous avez peut-être envie d’offrir un joli livre qui parle d’amour d’où cette petite sélection…

Mais vous êtes peut-être célibataire ou allergique à cette fête ou tout simplement vous avez un message à faire passer…Et bien que ce ne soit pas forcément du meilleur goût ou le meilleur moment pour le faire, bah, vous aurez aussi le droit à votre sélection!

  • LOVE IS ALL AROUND ME

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On commence par mon chouchou: « Quand souffle le vent du Nord ». Un roman sous forme de mails qui se dévore d’une traite et qui met en avant les nouveaux codes de la séduction. Il est très facile à lire et si la magie a opéré, il y a une suite « La septième vague ».

L’histoire: En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. 
Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… 

De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. 
Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler… 

Passons à « Il était une lettre ». Kathryn Hughes a fait un carton avec ce livre. Quel délicieux moment passé avec ce roman! du beau, du romanesque, des personnages attachants, d’autres nettement moins…Je suis passée par un panel d’émotions différentes tout au long de ma lecture.
J’ai aimé la construction de ce roman qui nous fait voyager alternativement de 1939 à 1973. Deux époques différentes, deux histoires d’amour contrariées, deux femmes plus fortes qu’elles ne le croient et pour fil conducteur une lettre jamais envoyée…Tous ces ingrédients font de ce roman une belle épopée romanesque, impossible à lâcher. J’ai eu peur pour Tina aux prises avec un mari violent, j’ai espéré avec Chrissie, je me suis réjouie des nombreux rebondissements qui touchaient chacun de ces personnages. Et j’ai aimé cette réflexion sur le hasard de la vie, sur ce qui peut irrémédiablement en changer le cours pour le pire et le meilleur, avec cette tentation de réécrire l’histoire avec ces deux petits mots : « Et si… »
Et si cette lettre avait été envoyée, reçue…L’histoire aurait été bien différente, mais fallait-elle qu’elle le soit? A vous, futurs lecteurs, d’en juger…
Et si vous courriez vous procurer ce livre ?

L’histoire: Tina est malheureuse auprès d’un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu’elle y découvre une lettre dans la poche d’un vieux costume. Cette lettre n’a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c’est une demande en mariage.

Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l’enquête et découvrir l’histoire bouleversante d’un amour impossible… Celui de Chrissie, jeune sage femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.

Dans un genre peut-être plus littéraire et classique, pour des lecteurs plus exigeants, vous trouverez « Le dimanche des mères ». Ce court roman est juste un pur régal. Graham Swift happe son lecteur par la finesse de ses mots, la justesse de ses descriptions . Il nous plonge dans cette atmosphère un peu désuète propre à ces vieux romans anglais ô combien charmants par bien des aspects. Il nous fait vivre 24 heures de la vie d’une femme pas tout à fait comme les autres. Jane est surprenante. Elle aime la vie plus que tout, s’abandonne à ses plaisirs sans se soucier de l’opprobre. Elle est curieuse de tout et a soif d’apprendre. Jamais elle ne se leurre sur sa condition mais elle ne s’y résout pas pour autant. C’est un personnage aux multiples facettes. Une femme d’aujourd’hui vivant à une autre époque. Et que dire de son amant? Celui qui ne montre rien et qui finalement aurait tant à dire. Un colosse aux pieds d’argile…
Un très beau moment de lecture.

L’histoire: Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie. 

  • AMOUR??? Vous en êtes sûr???

Autant le redire, cette sélection peut risquer de heurter la sensibilité des plus grands amoureux, elle est aussi fortement déconseillée à tous ceux qui sont dans les débuts de leur histoire ou à ceux qui ont des doutes. Et surtout, si vous n’avez pas une once d’humour sur le sujet, ne lisez pas ce qui va suivre!

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Le premier ouvrage de cette sélection a un titre très évocateur « Souviens-toi que l’amour n’existe pas ». Après ça, plus rien à ajouter! Enfin si, quand même…Un livre surprenant , voire déstabilisant, voilà ce que j’avais envie de dire après sa lecture. L’écriture m’a plongée dans une romance érotique New Adult, surfant un peu sur le genre « after ». Tout y est: les scènes de sexe largement décrites, le refus de tomber amoureuse suite à une rupture jamais cicatrisée…Bref, rien de très original, si ce n’est que cette étudiante ne se prostitue pas pour payer ses études mais par plaisir de vivre autre chose. C’est la le seul moyen qu’elle a trouvé pour vivre l’amour physique sans s’engager affectivement. Jusqu’au jour où tout bascule…On ne peut que deviner que cette suite justement va entraîner le chaos et je dois le dire j’ai été impatiente de connaître le fin mot de l’histoire.
C’est un fait et je ne me l’explique pas, tout comme « After », j’ai aimé et je n’ai pas pu décrocher…Et s’il y avait une suite, je crois bien que je replongerais…C’est peut-être ce qu’on appelle les mystères de la lecture!

L’histoire: Ce roman est l’histoire d’une double vie : celle de Françoise et Mila, une seule et même personne qui mène deux existences cloisonnées et distinctes. Françoise navigue au quotidien entre ses cours de droit à l’université, sa famille recomposée, ses copines et la relation tendre et complice qu’elle entretient avec son meilleur ami, Pierre. Fuyant les sentiments après une déception amoureuse, Mila se prostitue occasionnellement la nuit avec des hommes rencontrés sur Internet, satisfaisant ainsi ses propres fantasmes. À moitié par jeu et par souci d’anonymat, elle porte au cours de ces sorties un loup noir pour dissimuler son visage. Mais un rendez-vous inattendu va tout faire basculer. Un soir, Mila accepte une rencontre avec son professeur de droit qui l’a contactée sous pseudonyme. Dès lors se noue une relation sulfureuse et clandestine qu’elle croit maîtriser alors qu’elle ne cesse de lui échapper.

Le second roman est aussi connu que son auteur qui sait si bien manier l’ironie. D’après lui « l’amour dure 3 ans ». Maintenant vous êtes prévenu! Ce roman est corrosif comme son auteur mais aussi attendrissant à bien des égards. Il ne fait pas dans le côté fleur bleue mais ne nie pas pour autant toute l’exaltation du sentiment amoureux…naissant! Si Molière a dit qu’il n’y a que les commencements qui soient charmants, Beigbeder a un peu plus d’espoir puisqu’il s’octroie trois ans !

L’histoire:  » Au début, tout est beau, même vous. Vous n’en revenez pas d’être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n’est qu’une succession de matins ensoleillés, même l’après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible – pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l’amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n’est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par cœur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d’une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre. «  

Si vous avez lu le résumé et mon avis sur les deux romans précédents et que vous êtes déjà fâché contre moi et mon humour douteux, ne poursuivez pas votre lecture car « Une simple lettre d’amour » va ruiner tous vos espoirs! Ce livre est une claque! Je suis incapable de dire si je l’ai aimé ou non, mais vu qu’il résonne en moi après lecture, le doute reste permis…
Cette simple lettre d’amour est surtout celle du désamour. Mais elle est aussi une véritable dissection du sentiment dans son état le plus primitif. Débarrassé des fioritures, de l’altération littéraire qui l’accompagne généralement l’amour est présenté dans sa vérité la plus cruelle voire abjecte. Vous l’aurez compris Yann Moix livre ici une confession plus qu’intime, il se donne à voir dans sa nudité la plus crue, avec une délectation certaine dans l’exercice. Il ne s’en cache d’ailleurs pas et réussit ce tour de force en s’appuyant sur la littérature (proustienne notamment) alors qu’il décrie tout ce qu’elle a de plus trompeur et charmeur. Citer les artifices pour en user, en abuser…
Il y a dans cette lettre du cynisme (bien qu’il s’en défende) mais aussi certainement de la lucidité, un regard pertinent sur les diktats de la société, qu’on le veuille ou non, surtout que ça nous plaise ou non.
Quelques petites citations permettent de donner le ton:  » « Pour le sexe, je préférais la présence des femmes ; pour les sentiments, je préférais leur absence. » ou encore : «  »Un homme, quand il aime, aime toujours déjà ailleurs ; il appelle « femme de sa vie » la prochaine femme qu’il rencontrera – il vaque de brouillons en brouillons. La définitive, pour lui, est incessamment la suivante. […] Aimer un homme, c’est fabriquer un infidèle. »
Voilà, maintenant si vous ouvrez ce livre, vous savez à quoi vous en tenir!!!
Toutefois, malgré la vigueur et l’originalité de ce texte, je suis déçue par la fin. Il me semble que l’auteur en nous livrant une autre partie de lui-même à chercher à s’excuser, à légitimer ses pensées. Il y a un retour dans ce romantisme tant décrié qui amoindrit voire contredit tout ce qui a été dit auparavant. Tant qu’à se montrer dans sa plus grande vérité autant l’assumer jusqu’au bout! A moins que tout cela ne soit qu’un effet littéraire dont je n’aurais pas saisi le sens…A vous d’en juger!

L’histoire: « Dès qu’une femme aime un homme, elle fabrique un infidèle. »Y. M.

Après ces quelques mots, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous et à toutes une belle Saint-Valentin !

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