les liens du mensonge

 

L’histoire : 10 octobre, 10 heures. Un immeuble explose en plein centre de Chicago, faisant 513 morts et bouleversant le quotidien de milliers de personnes.
Parmi elles, deux femmes dont la vie bascule, deux amies aux destins contraires : tandis que Cecily, dont l’image de la silhouette au milieu des décombres a fait le tour du monde, entre en pleine lumière, Kaitlyn profite de la confusion pour disparaître et refaire sa vie, sans laisser de traces.
Un an plus tard, à l’heure des commémorations, la ville panse ses plaies. Cecily, loin d’être la veuve idéale que les médias voient en elle, se bat pour faire son deuil et s’autoriser à vivre de nouveau. Kaitlyn, quant à elle, voit surgir de son passé une femme qui prétend être sa fille cachée. Pour protéger sa famille, elle n’a pas d’autre choix que de sortir de l’ombre au risque d’exposer au grand jour les secrets qu’elle avait emportés dans sa fuite.

Mon avis :  »Les liens du mensonge » est un roman construit comme un puzzle. Tour à tour, la parole est laissée à Cecily puis à Kaitlyn. Ces deux femmes ont deux points communs : elles sont amies et ont toutes les deux été touchées par les conséquences de l’explosion d’un bâtiment d’affaires à Chicago.
Dans une atmosphère qui n’est pas sans rappeler celle du World Trade Center, chacune surmonte l’évènement à sa façon.
Cecily vit mal sa condition de veuve sur- médiatisée alors qu’elle est rongée par la colère contre son mari défunt. Quant à Kaitlyn qui se fait passer pour morte, la vie loin de ses filles est un supplice qu’elle n’aurait pas imaginé.
Deux femmes, deux destins et au milieu d’elle une troisième, aussi énigmatique que troublante : Franny.
Franny, c’est la fille cachée de Kaitlyn, celle qui expose sa douleur d’avoir retrouvé sa mère biologique et de l’avoir perdu presque aussitôt. C’est aussi celle qui prend une place de plus en plus importante auprès du reste de sa nouvelle famille et notamment auprès du mari de Kaitlyn.
La force de ce roman réside dans l’enchevêtrement de secrets qui lie ces trois femmes et, au final, il n’est pas certain que la plus machiavélique soit celle que l’on croit.
Roman sur le deuil, la vie conjugale, la maternité mais aussi sur le désir, sur la force de l’exposition médiatique qui érige en héros des gens ordinaires et les châtie tout aussi vite, les atouts sont nombreux pour conférer à cette lecture une tournure très contemporaine.
Je me suis laissée portée par cette histoire qui dévoile sa vérité au compte-gouttes. Mon seul bémol: aucun personnage n’a réellement suscité d’empathie chez moi. Cecily tire peut-être son épingle du jeu mais cela reste modéré et moi ce que j’aime c’est me sentir en lien avec un ou des personnages d’un roman…Alors forcément, je suis un peu déçue mais cela n’enlève en rien l’intérêt de l’histoire et du large panel de sujets qu’elle explore.
Un grand Merci aux éditions Michel Lafon pour cette découverte de l’auteure .

A qui conseiller ce livre ? Aux amateurs d’histoire complexe mais pas inaccessible.  A ceux qui disent toujours : « On ne connaît jamais vraiment personne »et qui adore le vérifier. A ceux qui veulent lire des romans flirtant avec le genre policier mais qui reste très soft. Ici, il s’agit plutôt d’une histoire de vie (même si elle est particulière) qu’une véritable enquête policière, même si le roman m’a été envoyé dans cette catégorie.

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