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L’histoire : Dans une chambre de motel, une jeune femme aux longues tresses afro pointe son fusil de chasse sur la poitrine d’un jeune homme aux allures de gendre idéal. Elle est fille de junky, il est fils de milliardaire. Ils se sont rencontrés un an plus tôt, de l’autre côté du pays. La passion a viré à l’obsession. Et les saisons ont défilé, aussi vite que les paysages, de New Haven à New York, dans les quatre coins d’une société que la fin des années quatre-vingt électrise. Mais de quelle flamme peuvent bien se consumer ces deux êtres que tout oppose ? Comment se retrouve-t-on en cavale dans le Midwest, le fusil braqué sur le corps de celui qu’on aime ? Acclamé par la critique, servi par une écriture qui dynamite le réel, un grand roman d’amour aussi incandescent que les premiers Bret Easton Ellis, et aussi intemporel que Roméo et Juliette.

Mon avis :  »La fourrure blanche« , c’est une histoire d’amour qui commence à l’envers.
Il y a d’abord cette scène toute particulière où Elise tient en joue l’amour de sa vie, Jamey.
Mais avant tout ça, il y a d’abord les corps qui se rencontrent, rien de plus, rien de moins. Les sentiments ne s’expriment pas , l’attirance ne s’explique pas. Elle se vit, honteuse pour Jamey, porteuse d’espoir pour Elise.
Elise, c’est cette fille un peu paumée, issue des quartiers très populaires et qui porte sa « fourrure blanche » presque comme une arme ou une carapace. Jamey, c’est le garçon de la classe très très aisée, destiné à un avenir où club de golf, garden- party ont la part belle entre deux transactions financières. La fourrure blanche d’Elise, il ne l’aime pas. Elle trahit ses origines.
Mais plus Jamey se fourvoie dans la luxure, plus Elise prend de la place. Avec douceur, tact, cette dernière confirme au fil de l’histoire ce qu’elle a toujours su avant ce dernier : ils sont faits l’un pour l’autre.
Ce roman pourrait être une énième version de la lutte des classes avec en fond sonore une histoire d’amour à l’eau de rose qui transcende tout sur son passage. Il n’en est rien. Ici l’amour est âpre, sans concession. Il s’exprime souvent de manière crue, il se vit dans le moment et dans l’incertitude. Pas de déclarations enflammées ni d’envolées lyriques mais une musique des mots qui sonnent vraie. C’est le road-trip de la vie, celui des amants qui grandissent l’un à côté de l’autre pour mieux se trouver et se retrouver.
Très bon livre.

A qui conseiller ce livre ? A ceux qui aiment les romans un peu bruts, qui ne prennent pas de détour pour dire les choses. A ceux qui pensent que l’amour peut toujours triompher malgré les obstacles. A ceux qui aiment les Roméo et Juliette des temps modernes. A ceux qui sont sensibles au réalisme social en littérature même, et surtout peut-être, quand il s’agit d’amour.

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