est ce que tu danses la nuit

L’histoire : « Je voulais raconter l’histoire d’une attirance irrésistible. Raconter l’échec de la morale confrontée au désir. Raconter un amour déplacé. »
Christine Orban

Mon avis : Dans bon nombre de ses romans, Christine Orban décline le sentiment amoureux sous toutes ses formes, comme si elle tentait d’en capter l’essence même, ses ramifications. « Est ce que tu danses la nuit… » est un roman qui laisse la place au désir. Un désir troublant, ave un goût d’interdit. Peut-être même pourrait-il parfois s’appeler « emprise ».
Tina a 18 ans. Elle est belle, jeune, encore dans la toute innocence de son charme. Elle aime Marco. Marco, lui, aime l’idée de l’amour sans vraiment savoir ce qu’il incarne. Il confond aimer et posséder. Et il y a Simon, son père qui ne sait pas l’aimer comme il faudrait.
Le jour où Simon présente Tina à son père, ce dernier tombe sous le charme de la jeune femme. Il a le sentiment de sortir d’un long sommeil depuis la mort de sa femme. Tina, elle, est troublée par l’intérêt que lui porte cet homme qui pourrait être son père. Très vite, Marco est évincé au profit de Simon.
On pourrait dès cette première partie de l’histoire parler de complexe d’Oedipe, de la peur du vieillissement et de son déclin mais Christine Orban nous embarque dans cette histoire qui se construit loin des regards car interdite aux yeux de tous. de Tina, on devine la fascination mais aussi l’importance de l’éveil sensuel, couplé au sentiment d’exister pour quelqu’un, en tant que vraie personne et non pas comme un joli trophée qu’on exhibe. Toutefois, on devine très vite que cette histoire est condamnée d’avance. On ne sait juste pas de quelle façon le drame va se jouer.
Et puis vient cette question « est-ce que tu danses la nuit » que se pose Simon. Cette question va devenir une obsession. Elle va être le prélude à la folie amoureuse. Dévoré par sa jalousie, Simon affronte l’inexorable plutôt que d’attendre qu’il vienne à lui. Ultime défense face au temps qui vieillit les âmes et les visages, il ira au bout de lui-même, de sa dignité.
Complexité des sentiments, attirance des sens, Christine Orban nous offre ici un roman aussi dérangeant que troublant. Et j’ai beaucoup aimé.

A qui conseiller ce livre ? A ceux qui aiment les histoires d’amour. A ceux qui aiment les romans d’atmosphère, ceux qui nous plongent dans la réflexion plutôt que l’action. Même si l’écriture est très accessible, peut-être ce livre touchera-t-il plus facilement les lecteurs aguerris à l’exercice.

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